L'euro constitue la seule monnaie ayant cours légal au Monténégro depuis le 1er janvier 2002. Le pays ne fait pourtant pas partie de la zone euro. Il n'a signé aucun accord monétaire avec l'Union européenne, ne dispose d'aucun siège dans les organes de la Banque centrale européenne, ne perçoit aucune part du seigneuriage et n'émet ni pièces ni billets. Cette situation, désignée sous le nom d'euroisation unilatérale, ne concerne en Europe qu'un très petit nombre de territoires.
Le choix remonte à la fin des années 1990, lorsque les autorités monténégrines cherchaient à s'affranchir de la politique monétaire de Belgrade et de l'hyperinflation qui avait ruiné le dinar yougoslave. Le mark allemand a été autorisé en novembre 1999 aux côtés du dinar, avant de devenir la seule monnaie légale en novembre 2000. Le passage à l'euro s'est ensuite opéré mécaniquement lors de la disparition du mark, deux ans plus tard.
La Banque centrale du Monténégro, créée en 2001, ne dispose d'aucun instrument de taux ni de création monétaire. Son action porte sur la supervision bancaire, les réserves obligatoires, la stabilité financière et les systèmes de paiement. Sa capacité de prêteur en dernier ressort demeure limitée par l'absence de monnaie propre, ce que les évaluations du secteur financier soulignent régulièrement.
L'euroisation apporte une stabilité des prix importée et supprime le risque de change avec les principaux partenaires commerciaux. Elle prive en revanche le pays de toute possibilité de dévaluation et concentre l'ajustement sur la politique budgétaire et sur les salaires. L'inflation a atteint 13 % en 2022 lors du choc énergétique, avant de refluer nettement en 2024, entre 2,1 % et 3,3 % selon les sources, une reprise à 3,9 % étant attendue pour 2025.
La Commission européenne et la Banque centrale européenne ont indiqué à plusieurs reprises que cette euroisation unilatérale, antérieure à l'ouverture des négociations, ne préjuge pas de l'entrée dans la zone euro. Celle-ci supposera, comme pour tout nouvel État membre, l'adhésion préalable à l'Union puis le respect des critères de convergence. Le sujet relève du chapitre de négociation consacré à l'union économique et monétaire.
Les voyageurs venus de la zone euro n'ont aucune opération de change à effectuer. Les paiements par carte sont largement acceptés dans les zones touristiques et dans les grandes villes, tandis que les espèces conservent une place importante dans les commerces ruraux et sur les marchés. Le secteur bancaire compte une dizaine d'établissements, majoritairement contrôlés par des groupes étrangers.