Institutions politiques au Monténégro

Régime parlementaire

La Constitution adoptée en 2007, un an après la restauration de l'indépendance, fait du Monténégro une république parlementaire. Elle qualifie l'État de civil, démocratique et écologique, cette dernière mention reprenant la déclaration de 1991 sur l'État écologique. Le pouvoir exécutif se partage entre un président aux attributions largement représentatives et un gouvernement responsable devant le Parlement.

Skupština

Le Parlement monocaméral, la Skupština, compte 81 sièges pourvus pour quatre ans au scrutin proportionnel, dans une circonscription nationale unique. Le seuil de représentation s'établit à 3 % des suffrages exprimés, avec un mécanisme abaissé au bénéfice des listes des minorités nationales. L'assemblée vote les lois et le budget, investit le gouvernement, peut le renverser et élit plusieurs autorités indépendantes à la majorité qualifiée.

Présidence de la République

Le président est élu au suffrage universel direct pour cinq ans, renouvelable une fois. Il promulgue les lois, représente l'État à l'étranger, propose au Parlement le candidat au poste de Premier ministre et exerce le commandement des forces armées. Jakov Milatović occupe cette fonction depuis mai 2023, après avoir battu au second tour Milo Đukanović, présent au sommet de l'État depuis le début des années 1990.

Gouvernement

L'exécutif conduit la politique intérieure et extérieure sous l'autorité d'un Premier ministre investi par les députés. Milojko Spajić dirige le gouvernement depuis octobre 2023, à la tête d'une coalition remaniée en juillet 2024 pour y intégrer de nouvelles formations. Une part importante de l'activité gouvernementale porte sur la transposition de l'acquis européen, dans le cadre des négociations d'adhésion.

Ordre judiciaire

La Cour constitutionnelle contrôle la conformité des lois et statue sur les recours constitutionnels, tandis que la Cour suprême se situe au sommet de l'ordre judiciaire ordinaire. Un Conseil judiciaire et un Conseil des procureurs nomment magistrats et procureurs, et un parquet spécial traite la criminalité organisée et la corruption de haut niveau. Le renouvellement de ces organes est resté bloqué plusieurs années faute de majorité qualifiée au Parlement, situation que le rapport BTI 2026 décrit comme dénouée en 2023 et 2024.

Administration locale

Les vingt-cinq communes disposent d'une assemblée élue et d'un maire, et exercent des compétences en matière d'urbanisme, de voirie locale, de déchets et de services communaux. Leurs ressources dépendent largement de transferts de l'État et de la fiscalité immobilière, ce qui a placé plusieurs d'entre elles dans des situations financières tendues.