Le Parti démocratique socialiste, héritier de la Ligue des communistes du Monténégro, a exercé le pouvoir sans interruption de 1991 à 2020. Milo Đukanović en a été la figure centrale, occupant alternativement les fonctions de Premier ministre et de président pendant près de trois décennies. Cette longévité a structuré la vie politique autour du clivage entre le parti et ses opposants davantage que sur des programmes économiques.
Les législatives d'août 2020 ont mis fin à cette domination. Deux gouvernements se sont ensuite succédé en moins de trois ans, dirigés par Zdravko Krivokapić puis par Dritan Abazović, tous deux renversés par des motions de censure. Ce cycle a débouché sur la convocation d'élections anticipées.
Le scrutin anticipé du 11 juin 2023 a porté en tête le mouvement Europe maintenant, fondé un an plus tôt, avec 24 sièges sur 81. La coalition menée par le DPS en a obtenu 21, l'alliance issue de l'ancien Front démocratique 13, la coalition rassemblant les Démocrates et l'URA 11, et les partis des minorités nationales une dizaine. Au printemps précédent, Jakov Milatović avait remporté l'élection présidentielle face à Milo Đukanović.
Le gouvernement conduit par Milojko Spajić a été investi fin octobre 2023 avec le soutien d'Europe maintenant et des Démocrates. Un remaniement intervenu en juillet 2024 y a associé des formations se réclamant de l'identité serbe ainsi que des partis bosniaque et albanais, ce que le rapport BTI 2026 décrit comme une coalition d'une largeur inhabituelle. Des tensions publiques opposent depuis lors le président de la République et le Premier ministre, pourtant issus du même mouvement.
Le partage entre droite et gauche pèse moins que les positions sur l'identité nationale, sur les relations avec la Serbie et sur le statut de l'Église orthodoxe serbe. Ce clivage traverse les formations et complique la constitution de majorités stables. Les évaluations internationales relèvent également une forte polarisation des médias et une confiance limitée des citoyens dans les institutions.
Le Parti bosniaque et les listes albanaises bénéficient d'un seuil électoral abaissé qui leur garantit une représentation. Leur appoint s'est révélé décisif dans plusieurs majorités successives, ce qui leur confère une influence supérieure à leur poids électoral. Ces formations soutiennent en général l'intégration européenne et l'appartenance à l'Alliance atlantique.