Le Monténégro est relié au réseau ferroviaire européen par une seule grande artère, la ligne Belgrade-Bar, ouverte le 28 mai 1976. Longue de 476 kilomètres, dont 175 en territoire monténégrin, elle est à voie normale et électrifiée sur tout son parcours. Sa construction a exigé 254 tunnels et plus de 435 ponts, ce qui en fait l'un des tracés les plus spectaculaires d'Europe.
Le viaduc de Mala Rijeka, situé au nord de Podgorica, reste l'ouvrage emblématique de la ligne. Long de 498 mètres, il domine la vallée de 198 mètres et a longtemps été le viaduc ferroviaire le plus haut du monde. Le train le franchit lentement, ce qui laisse au voyageur le temps d'apercevoir la gorge en contrebas.
À l'ouverture de la ligne, le parcours entre Belgrade et Bar demandait environ sept heures. Les limitations de vitesse liées à l'état de la voie et les contrôles à la frontière serbo-monténégrine ont porté cette durée à une dizaine d'heures. Des trains de jour et de nuit circulent quotidiennement, avec des voitures-couchettes sur les circulations nocturnes. Le confort demeure sommaire et la climatisation n'est pas garantie en été.
À l'intérieur du pays, le trafic voyageurs se concentre sur l'axe Bar-Podgorica-Kolasin-Bijelo Polje, prolongé vers la Serbie. Une antenne relie Podgorica à Niksic, deuxième ville du pays. La branche vers Shkodër, en Albanie, ne connaît plus de service voyageurs régulier. L'ensemble du réseau exploité représente moins de trois cents kilomètres.
Aucun train direct ne relie la France au Monténégro. L'itinéraire classique passe par Belgrade, atteinte depuis Paris via Munich, Vienne, Budapest ou Zagreb, avec plusieurs correspondances et au moins deux nuits de voyage. Cette formule séduit surtout les amateurs de voyage ferroviaire, la portion monténégrine offrant un enchaînement de gorges, de tunnels et de viaducs entre le plateau du nord et l'Adriatique. Les billets s'achètent aux guichets des gares, la vente en ligne restant limitée.